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LE POINT - 05/11/2008 - Article de Bruno Monier-Vinardo

Changer les rayons du soleil en argent... Ce n’est pas un fantasme d’alchimiste, mais une réalité. Le principe est simple : des cellules photovoltaïques au silicium transforment l’énergie du soleil en courant continu, converti ensuite en courant alternatif par un onduleur. L’électricité, mesurée dans deux compteurs distincts, est alors utilisée pour les besoins domestiques ou réinjectée, tout ou partie, sur le réseau. Et c’est là que cela rapporte.
Investissement
Il faut dire que le tarif en vigueur, garanti
pour vingt ans, est très avantageux : 57 centimes le kilowattheure
pour les panneaux intégrés au bâti (toiture...), soit un prix
cinq fois supérieur à celui du kilowattheure cédé aux particuliers
par EDF (11 centimes) ! Dopé par cette politique, ce marché décolle
en France : + 115 % en 2007, selon EDF Energies renouvelables.
Le montant de l’investissement est néanmoins important. Tablez sur 1 mètre carré de capteurs solaires autour de 1 000 €uros tout compris (générateur, onduleur, pose...). Les modules au silicium polycristallin comptent parmi les moins chers. Prévus pour durer au moins vingt-cinq ans, ils nécessitent peu d’entretien. La dimension des installations domestiques varie entre 10 et 30 mètres carrés de panneaux. Ainsi, une unité de 20 mètres carrés de capteurs, achetée 20 000 €uros, peut produire 2 000 kilowattsheure par an, soit les deux tiers de la consommation électrique d’un foyer de quatre personnes (hors chauffage, cuisson et eau chaude). La revente de l’électricité au réseau génère dans ce cas un revenu annuel de 1 140 €uros.
Formalités
Cela peut paraître faible, mais, avec les aides publiques, le coût de l’installation fond, permettant un retour sur investissement entre cinq et dix ans, selon l’ensoleillement. Les candidats doivent toutefois s’armer de patience pour les lourdes formalités administratives : déclaration de travaux, permis de construire-qui inclut des critères esthétiques-et procédures diverses (Drire, Dideme, EDF, etc.). Côté matériel, le label « norme française composant électronique » apporte les meilleures garanties. Il est préférable de faire appel à des spécialistes disposant de l’attestation QualiPV (www.qualipv.org). Enfin, l’installation photovoltaïque, qui constitue un bien immobilier « par destination », doit être déclarée à sa compagnie d’assurances qui intégrera sa valeur au contrat multirisque habitation.
Les aides
Toute installation d'un toit solaire photovoltaïque donne droit
à un crédit d'impôt de 50 % (plafonné à 16 000 €uros pour un
couple sans enfants) pour l'achat du matériel (subventions déduites,
et hors pose). Les panneaux bénéficient, tout comme leur mise
en place, d'une TVA à 5,5 %. De nombreuses collectivités locales
(région, département, communes) accordent également des aides
financières spécifiques.
Pour plus de renseignements, consultez les sites Web :
www2.ademe.fr
www.energies-renouvelables.org
enerplan.asso.fr